Chapitre II : Une famille d'urgence
fictions-kpJe reste seule, plongée dans un demi-sommeil. Je tente de me ressaisir, je décide de m'assoir dans le lit, adossé à mon oreiller. J'attrape le livre, échoué à terre, et me prends dans la contemplation de la première de couverture. Comme à mon habitude, je ne retourne pas le livre pour lire le résumé, la plupart en disant trop sur l'ouvrage. C'est donc dans l'inconnu que je plonge tête la première. L'histoire me semble banale dans les premières pages. Pourquoi a-t-il dit à « ma mère » que ça m'intéresserait ? Je ferme le livre, n'étant pas rentrée dedans, peut-être troublée par les événement qui viennent de survenir ou prise par la peur de l'inconnue. Dans ce flot d'interrogations, je n'arrive pas à réfléchir, j'essaie tant bien que mal de trouver des réponses mais en vain, plus le temps passe, plus mon esprit s'enferme dans une chambre close pleine de songes inabouties et de cauchemars réalisés.
fictions-kpLes jours passe dans mon cloître, je n'ai pas la permission de sortie, ayant perdu trop de sang, mon corps n'arrive pas à me tenir correctement à la verticale. Les quelques fois où j'ose me lever, je fini ma courte course au sol ou cramponnée à un objet solide. Je perds peu à peu tout espoir de bonheur, et de retrouver une vie potable et à peu près normale, mais la volonté de réussir part dans un flot continuel de larmes. J'aurais tant aimer réussir mon coup et te rejoindre. Simplement te revoir, simplement jouer avec tes cheveux et sentir ton odeur une dernière fois, te sentir me murmurer quelque chose que je ne peux entendre, tant de choses qui me manquent et dont je n'ai pas su profiter.
fictions-kpVers 9h30 le cinquième jour, je reçois la visite d'une assistante sociale, étant habituée à la présence de Adeline, l'infirmière coordinatrice du secteur, je suis d'abord surprise, ce qui semble se lire sur mon visage car la dame qui se présente devant moi me fait un large sourire et me tend une douce main manucurée que je serre brièvement. Elle me tend une ardoise et une craie bleue. Je m'en saisis, comprenant que pour elle la communication serait plus facile ainsi. Elle se présente tout d'abord, elle s'appelle Kathy Klaus, elle a 38 ans. Je me présente aussi. Elle m'explique le but de sa visite : m'expliquer la suite des événements.
« Tu n'iras pas en hôpital psychiatrique tout de suite, pour le moment tu vas être placée dans une famille d'accueil provisoire. Ce sont eux qui vont juger si tu as besoin d'être internée »
fictions-kpCes quelques lignes n'ont fait qu'accroître le peu de bonheur présent en mon c½ur. Alors, tout n'était donc pas perdu. Depuis des jours que mon visage s'est fermé, cette femme que je connais à peine a réussi à décrocher un sourire à cette façade glaciale dont je me suis parée. Elle me laisse penser que dans quelques jours je serai enfin hors de cet immeuble haïssable par sa froideur, haïssable pour tant de choses.
fictions-kpIl se passe trois jours sans que personne ne vienne me voir. La tristesse de l'abandon de ma « famille » est encré à mon c½ur, comme un bateau à son port. Je cherche désespérément de me convaincre qu'ils n'ont pas pu venir me voir, mais je finis par me raisonner et me dire que finalement, ils n'ont pas besoin de moi, ils sont partis. Je me sens tel un boulet, maintenant si seule qu'on m'ait détachée, cherchant un nouveau prisonnier à me rattacher.
fictions-kpLe neuvième jour, un homme d'une trentaine d'année vient me voir et écrit sur la petite ardoise posée au dessus du livre que je n'ai pas ouvert, qu'il est la personne qui vient me cherché pour une durée d'un mois. Je lui souris. La joie m'emporte. Une infirmière arrive dans la chambre et me détache de mes fils. Je suis enfin libre de mes mouvements. Je bondis du lit, et dans une immense surprise, mes jambes ne cèdent pas, j'ai l'impression que mes membres inférieurs sont devenus béton. Je mets un pas devant, réticente, et me rends compte que je ne suis toujours pas par terre. Je lève alors les bras, et cris, je ne sais comment mais je cris, de joie, de bonheur. L'homme rigole et prends ma valise, y rangeant mes affaires à l'intérieur. Je vais ensuite me laver, seule, et m'habille, seule, me coiffe, seule.
fictions-kpUne heure plus tard, je suis hors de l'établissement, il m'est alors difficile de m'imaginer une nouvelle vie, sans lui et sans eux, mais je suis pourtant obligée de m'y résoudre. Dans la voiture, je vois que l'homme et sa femme parle mais je ne sais pas de quoi. Ils m'ont fait de brèves présentations : elle, s'appelle Valerie, lui, s'appelle Kristian. Quand je l'ai vu prononcer ce prénom, mon c½ur s'est arrêté de battre me rappelant une nouvelle fois qu'il n'est plus là. Pendant environ un quart d'heure, nous sommes en voiture pour leur maison.
fictions-kpM'apparaît enfin la maison au bout d'une ligne droite qui paraît sans fin...
[Ellipse de Un Mois]
fictions-kpAujourd'hui je dois partir. Cette maison a été mienne un mois durant, je dois la quitter, mais sans regret. J'ai appris à ne pas m'attacher à eux. Je suis restée distante mais très polie et très serviable. Ce qui fait que maintenant je pars pour une famille plus ou moins définitive, tout dépend de mon comportement. J'ai hâte de savoir qui ils sont.
fictions-kpMa famille d'urgence me dépose dans un endroit plutôt bizarre. Je m'assois sur une chaise dans la salle d'attente après avoir indiqué ma présence. J'attends là pendant peut-être trente minutes quand la porte du docteur s'ouvre sur trois personnes. Une de ces trois personnes me sourit et je lis sur ses lèvres qu'elle me demande si je suis bien Lilith. Je réponds affirmativement. Je suis invitée dans le bureau tandis que les deux autres s'asseyent dans la salle d'attente. Dois-je en déduire que c'est eux ?
fictions-kpLa femme est blonde avec de belles boucles larges. Elle a de magnifiques yeux bleus, elle est habillée d'un jean slim denim et d'un t-shirt blanc. L'homme est grand, il est brun aux yeux verts. Il est habillé tel un homme d'affaire. Ils me sourient gentiment. Ces gens là ont l'air d'une gentillesse au-delà de mes espoirs.
fictions-kpEn effet, dans le bureau, la femme présente m'explique que ma famille définitive était eux. Elle m'explique sur une feuille que j'allais vivre avec eux pour une durée minimum de deux ans. La femme me rassure voyant l'anxiété qui parcoure mon visage. C'est quinze minutes plus tard que je ressors du bureau avec eux. Ils connaissent mon handicap mais n'en sont pas pour autant distant. La mère de famille me tient même à l'épaule tandis que nous avançons dans le coridor.
Ils se présentent à moi, tout d'abord ils ne savent pas si je peux lire sur leurs lèvres, finalement, j'arrive à articuler quelques mots les mettant en confiance.
-Je m'appelle Timoty mais on m'appelle Tim, me dit l'homme
-Et moi, je suis Sylvia. J'espère que tu vas aimer être chez nous, me dit elle accompagnée d'un sourire que je pourrais qualifier de sincère
-J'espère, mais ne vous inquiétez pas, vous avez l'air très gentils, je réponds
fictions-kpNous sommes sur une route au milieu de la campagne. Je ne pense pas que ces gens habitent en ville, j'en suis même certaine. Nous arrivons dans un village dont je n'ai pas repéré le panneau, je ne sais donc pas où nous nous trouvons. Je sais juste que je suis en Allemagne, surement encore en Bavière, je dirais encore à proximité de Augsburg. Nous montons dans une petite rue, au bout de celle-ci se trouve deux maisons adjacentes qui ferment la route. Nous rentrons dans une de celle ci, celle de gauche. La maison est très jolie, elle est modeste et très charmante. En haut, j'apperçois deux fenêtres sont une est allumée. Je vois une tête dépasser puis s'effacer de suite. Nous entrons dans la maison une fois ma seule valise prise. Nous arrivons dans une sall spacieuse avec à droite un escalier, à gauche, il y a le salon avec deux canapés et une télévision écran plat, en face, une porte sépare la cuisine du salon.
Je suis perdue dans ma contemplation et n'entend pas arriver quelqu'un par les escaliers. Quand je me tourne, je suis surprise.
-Lilith, je te présente notre fils... me dit Sylvia
fictions-kpMalheureusement, je n'ai pas su décrypter le nom du fils. Je suis surprise. C'est le portrait craché de sa mère, trait pour trait ils sont pareils.
Désolée pour cet énooooooooorme retard. Je suis impardonnable ! Vraiment impardonnable. Je n'ai même pas d'excuses ! J'espère seulement n'avoir perdu personne... é_è
Êtes vous aller au concert de Killerpilze le 28 Septembre ? C'était géniaaaal, inoubliable.